Achats dans le e-commerceC’est bien connu. Les Responsables Communication communiquent, les webmarketeurs marketent et c’est bien pour cela qu’on entend beaucoup parler d’eux. Ils le méritent bien sûr, mais cela tend à occulter des segments tout aussi importants de la chaine de valeur ajoutée.

C’est pourquoi nous choisissons de nous intéresser de près au pendant naturel du marketing en matière de e-commerce, c’est à dire les achats.

Le pouvoir de l’analytique pour la fonction achat

Cette fonction des achats plus discrète n’en est pas moins impactée par le Big Data.

Tous d’abord, la segmentation clients, portée à de nouveaux degrés d’affinement des données par le Big Data, influence les achats. Ainsi les acheteurs devront-ils s’approprier les concepts et outils d’une gestion quasi individualisée des ventes, et donc des approvisionnements.

Ils devront aussi adopter la logique d’anticipation et de prévision permise par le crissement des données. Si l’on prend l’exemple des achats d’eau, boissons fraiches et autres crèmes glacées, il y a longtemps que les prévisions météos et la saisonnalité observée au fil des années sont prises en compte.

Mais, avec le croisement de données via le Cloud, on peut imaginer d’innombrables autres éléments pouvant entrer en ligne de compte. Le cas évident qui vient à l’esprit, si on poursuit l’exemple météo, concerne les réservations hôtelières en temps réel.

Cependant, cela peut aussi relever de liens de causalité plus ténus. Par exemple, si l’on détermine que le succès des éditions spéciales régime ou minceur de la presse a un impact sur le choix de la glace ou du sorbet.

Les acheteurs devront ainsi s’imprégner de ces logiques, d’autant plus qu’ils seront sollicités en tant qu’experts métier pour concevoir les outils ad hoc permettant l’analyse cohérente des données.

Le Big Data peut transformer la définition du produit lui-même 

En premier lieu, l’hyper segmentation implique des séries courtes et une économie très différente en matière de logistique. Cela peut impacter le lieu de production choisi, voire le producteur, voire le type d’usine. Cela peut aussi avoir un effet de façon évidente sur les contrats en termes de durée d’engagement et d’incoterms (International commercial terms) notamment.

En outre, il ne faut pas perdre de vue que le Big Data est un produit en soi. Il se combine de manière évidente à nos écrans favoris et cela ne fera que s’accroitre avec l’arrivée des abris de bus, des frigos voire des pull-overs intelligents. A l’ère de la Cybernétique de masse, Il y a fort à parier que différents clients seront prêts à payer plus ou moins d’argent pour une réalité plus ou moins augmentée.

Concernant la data, il est néanmoins nécessaire de garder en tête un paramètre important, la donnée à une durée de vie limitée. Ceci implique donc de la réactivité pour l’analyser et l’utiliser de façon pertinente.

Comme on le voit, la fonction achat sera fortement impactée (logique presque individualisée des ventes et approvisionnements, analyse cohérente des données, logique d’anticipation et de prévision…) par le Big Data et les acheteurs de demain devront avoir appris à maîtriser les concepts et techniques qui en découlent pour en faire un levier de création de valeur.